Le Journal de Montréal, 14 mars 2001, page 7

LA RESTAURATION

non chirurgicale du prépuce

par Patrick Lagacé

John Antonopoulos, quand il était bébé, n’a pas été circoncis. Et il en est bien heureux. Assez pour militer, aujourd’hui, en faveur de la restauration du prépuce des hommes qui l’ont perdu à la naissance…

Bof! Est-ce que ça vaut la peine?...« Ce que nous préconisons, c’est la restauration non chirurgicale du prépuce, dit M. Antonopoulos, du groupe montréalais Info-Circoncision. Des milliers d’hommes en Amérique le font, et 200 à Montréal depuis 1995, via Info-Circoncision. »

Vous avez bien lu. La restauration non chirurgicale du prépuce, comme le dit presque poétiquement M. Antonopoulos, consiste à étirer, patiemment mais sûrement, la peau du pénis par-dessus le gland.

Comme un col roulé étiré…

Cette technique, c’est un processus élaboré qui inclut des bains chauds et du ruban gommé, pour maintenir, justement, la peau du pénis par-dessus le gland.

Pour les hommes qui ne veulent plus être…circoncis!

Tous les jours. Toute la journée.

Imaginez un chandail à col roulé que vous étireriez par-dessus votre tête, chaque jour, toute la journée. Le col finirait par s’agrandir. Ainsi va le prépuce.

« Ça peut prendre jusqu'à trois et quatre ans avant une restauration complète. »

Trois à quatre ans? Ouf…

Il faut avoir de la patience, admet John Antonopoulos…

Non, M. Antonopoulos n’est pas un hurluberlu. Il s’inscrit dans cette mouvance nord-américaine qui croit, simplement, que la circoncision est inutile.

Tenez, prenez cet exemple ontarien. En février, l’Association for Genital Integrity (l’Association pour l’inégrité génitale) a demandé à Ottawa d’être subventionnée. Pour faire abolir, via les tribunaux, la pratique de la circoncision au Canada.

Vous trouvez ça exagéré? Aux Etats-Unis, un homme de l’Alabama a obtenu de l’État 65 000 $US : il affirmait avoir été circoncis, bébé, contre son gré…

Le groupe Info-Circoncision, lui, offre aux Montréalais des séances de groupe sur la restauration, ouverte aux hommes qui vivent la prcédure, ou qui sont intrigués par celle-ci.

« Ceux qui le font sont contents du résultat, dit M. Antonopoulos. Au fond, le combat, c’est de reprendre le contrôle sur son organe… »

POUR EN SAVOIR PLUS

  • En 1970, les trois quarts des garçons canadiens étaient circoncis à la naissance.
  • Aujourd'hui, c'est moins du quart des bébés qui sont circoncis.
  • La circoncision n'apporte aucun bénéfice médicale ou hygiénique. La circoncision a toujours été liée à des rituels et des croyances, religieuses ou autres.
  • La restauration non chirurgicale n'est pas douloureuse, affirme Info-Circoncision.

 

« Il faut être motivé, mais… ça vaut la peine », jure un adepte

Pour s’enrubanner l’engin dans du ruban gommé chaque jour, afin de se reconstruire un prépuce, il faut être motivé. Mais ça vaut la peine, jure un adepte.

« J’ai retrouvé beaucoup de sensibilité, ma vie sexuelle s’en est grandement ressentie, pour moi et pour ma partenaire », jure George, un anglophone de l’Estrie référé au Journal par Info-Circoncision.

Évidemment, ça cause des inconvénients, dit George. Au petit coin, il faut remballer la quincaillerie. Et au lit, la spontanéité en prend un coup.

John Antonopoulos, lui, vante la restauration comme nécessaire pour « protéger le gland », pour « le resensibiliser ». La méchanique « normale » du coït, affirme-t-il, se trouve, au bout de la restauration, restituée.

« Nous n’avons rien contre la circoncision. Mais nous nous opposons à ce que des enfants soient circoncis. Ce n’est pas leur choix… »

 

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InfoCirc ¦ Dernière modification: 15 août, 2004 ¦